De la conception 3D aux WorldSkills
Un déclic venu de la conception 3D
Rien ne prédestinait Maverick à l'industrie. Plus jeune, il rêvait d'un tout autre avenir :
Plus jeune, je voulais devenir pompier, puis pilote de chasse. C'est au lycée, en découvrant la conception 3D (CAO), que j'ai eu un véritable déclic.
Le déclic a lieu pendant son Bac STI2D spécialité ITEC. Sa première imprimante 3D confirme sa vocation, et c'est tout naturellement qu'il rejoint le Pôle Formation UIMM Alsace après un BTS CPRP (Conception des Processus de Réalisation de Produits), avant de poursuivre aujourd'hui en Licence CAPPI pour approfondir ses compétences en amélioration des procédés industriels.
Ce qui le passionne dans l'usinage et la fabrication additive, c'est de partir d'une idée pour la transformer, couche par couche ou par enlèvement de matière, en une pièce fonctionnelle.
Un cœur bionique jusqu'à la finale nationale des WorldSkills
Sa plus grande fierté reste son chef-d'œuvre présenté à la finale nationale des WorldSkills : un cœur bionique entièrement imprimé en 3D, composé de plusieurs sous-assemblages mobiles (pistons, membranes, valves, système de régulation), conçu sans aucun élément métallique dans un volume maximal de 15 × 15 × 15 cm.
Près de quatre mois de travail et quelques nuits blanches pour un projet qu'il résume ainsi :
Cette réalisation représente parfaitement ma passion pour la fabrication additive et ce qu'elle permet d'accomplir.
De cette aventure collective, il garde le souvenir d'une expérience humaine intense :
Quand vous avez plus de 400 jeunes qui hurlent la Marseillaise dans une immense salle, c'est prenant !
Quelques mois plus tard, Maverick recevait la Médaille d'excellence de la Société des membres de la Légion d'honneur, une distinction qu'il attribue en grande partie à l'accompagnement de son école.
Un message aux jeunes qui hésitent encore
Aujourd'hui, Maverick vise un poste en fabrication additive en Alsace, tout en développant en parallèle sa micro-entreprise dans ce domaine. À plus long terme, il espère contribuer à des projets innovants dans l'aéronautique, le spatial, la robotique ou le médical.
Aux collégiens et lycéens qui hésitent encore à s'orienter vers l'industrie, il a un message clair :
L'industrie est un secteur passionnant, moderne et en constante évolution. Contrairement aux idées reçues notamment chez les jeunes, elle offre une immense diversité de métiers dans des domaines comme l'aéronautique, le médical, l'automobile ou encore la robotique.
L'alternance, selon lui, permet d'apprendre un métier tout en acquérant une véritable expérience professionnelle, de progresser rapidement et de construire un projet professionnel solide.
Retrouvez son interview complète :
- Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?
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Bonjour, je m'appelle Maverick Gall, j'ai 20 ans et je termine actuellement ma Licence Professionnelle CAPPI au Pôle Formation UIMM Alsace de Colmar, après y avoir obtenu mon BTS CPRP. Depuis plusieurs années, je suis passionné par la fabrication additive. Ce qui me motive au quotidien, c'est de concevoir, créer et donner vie à des pièces innovantes. J'aime relever des défis techniques, apprendre en permanence et imaginer les solutions industrielles de demain.
- Tu as commencé par un Bac STI2D, puis un BTS CPRP et tu poursuis aujourd'hui en Licence CAPPI. Pourquoi avoir choisi cette voie ?
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J'ai choisi cette voie parce que je voulais exercer un métier créatif où je pouvais concevoir et fabriquer des pièces. La conception 3D m'a toujours attiré, et le BTS CPRP m'a permis de développer cette passion. J'ai ensuite poursuivi en Licence CAPPI afin d'approfondir mes compétences en amélioration des procédés industriels. Ce parcours correspond parfaitement à ma curiosité, à mon goût pour l'innovation et aux technologies industrielles.
- Est-ce que tu savais déjà, plus jeune, que tu voulais travailler dans l'industrie ?
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Pas du tout. Plus jeune, je voulais devenir pompier, puis pilote de chasse. C'est au lycée, en découvrant la conception 3D (CAO – Conception Assistée par Ordinateur), que j'ai eu un véritable déclic. J'ai commencé à passer des heures à concevoir des pièces, puis ma première imprimante 3D a confirmé cette passion. En découvrant le Pôle Formation UIMM Alsace sur Parcoursup, j'ai tout de suite été attiré par les formations axées sur la conception et les projets. Tout s'est ensuite enchaîné naturellement, salon emploi formation, porte ouverte et entretien…
- Qu'est-ce qui te plaît le plus dans l'usinage et la fabrication additive ?
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Ce qui me plaît le plus, c'est la créativité. Que ce soit en usinage ou en fabrication additive, on part d'une idée pour arriver à une pièce fonctionnelle. Les deux procédés sont très différents : l'usinage enlève de la matière alors que la fabrication additive en ajoute couche par couche. Pourtant, ils poursuivent le même objectif : fabriquer des pièces de qualité. J'apprécie particulièrement la complémentarité de ces deux technologies.
- Quel est le projet ou la pièce que tu es le plus fier d'avoir réalisée jusqu'à aujourd'hui ? Pourquoi ?
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Le projet dont je suis le plus fier est le chef-d'œuvre que j'ai réalisé pour la finale nationale des WorldSkills. J'ai conçu un cœur bionique entièrement imprimé en 3D, composé de plusieurs sous-assemblages mobiles : pistons, membranes, valves et système de régulation. Le cahier des charges imposait un volume maximal de 15 × 15 × 15 cm, aucun élément métallique et un lien avec Marseille. J'ai consacré près de quatre mois à ce projet, avec beaucoup de travail et quelques nuits blanches. Cette réalisation représente parfaitement ma passion pour la fabrication additive et ce qu'elle permet d'accomplir.
- Tu as participé aux WorldSkills France. Comment as-tu vécu cette aventure ?
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Les WorldSkills ont été une aventure humaine et technique exceptionnelle. Elles m'ont permis de sortir de ma zone de confort, de gagner en confiance et de rencontrer des jeunes passionnés venus de toute la France. L'esprit d'équipe est omniprésent, même lorsque l'on concourt individuellement. Je garde notamment en mémoire l'ambiance incroyable des cérémonies et des moments de cohésion entre compétiteurs. C'est une expérience qui marque une vie. Quand vous avez plus de 400 jeunes qui hurle la marseillaise dans une immense salle, c’est prenant !
- Tu viens également de recevoir la Médaille de la Légion d'honneur de l'apprentissage. Qu'as-tu ressenti lorsque tu as appris cette distinction ?
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Recevoir la Médaille d'excellence de la Société des membres de la Légion d'honneur a été une immense émotion. Pendant la cérémonie, je voyais les différentes distinctions être remises et je me demandais si mon nom allait être appelé. Plus le temps passait, plus le stress montait. Lorsque j'ai finalement été appelé pour recevoir la médaille d'excellence, j'ai ressenti une immense fierté et beaucoup de reconnaissance envers mon école, qui a cru en moi et m'a encouragé à saisir cette opportunité.
- Si tu pouvais revenir voir le Maverick qui entrait en Bac, quel conseil lui donnerais-tu ?
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Je lui dirais d'écouter les conseils et les critiques constructives, sans jamais laisser les remarques négatives le détourner de ses objectifs. Je lui dirais aussi de croire en ses passions, de rester persévérant et de ne jamais abandonner ses rêves. Quand on est motivé et que l'on travaille sérieusement, les efforts finissent toujours par porter leurs fruits.
- Si on te donnait carte blanche et toutes les machines du monde pendant une semaine, qu'aimerais-tu fabriquer ?
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J'aimerais développer des pièces capables d'améliorer concrètement le quotidien des personnes qui en ont besoin. J'en profiterais également pour explorer de nouvelles technologies et repousser les limites de ce qu'il est possible de concevoir. Pour moi, l'innovation doit toujours avoir une utilité.
- Aujourd'hui, quelles sont tes ambitions ? Où te vois-tu dans 5 ou 10 ans ?
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À court terme, je souhaite intégrer un poste en fabrication additive, idéalement en Alsace, afin de continuer à apprendre auprès de professionnels du secteur. En parallèle, j'aimerais développer ma micro-entreprise spécialisée dans la fabrication additive pour proposer des services aux particuliers comme aux industriels. À plus long terme, je souhaite contribuer au développement de cette technologie et participer à des projets innovants dans des secteurs comme l'aéronautique, le spatial, la robotique, le médical ou encore l’armée.
- Y a-t-il une personne qui t'a particulièrement marqué dans ton parcours ?
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Plusieurs personnes m'ont marqué, mais je pense notamment à Alain Sengele, mon ancien professeur principal et coach pendant les WorldSkills. Il m'a accompagné tout au long de cette aventure, m'a conseillé et soutenu dans les moments importants. J'ai également été inspiré par les experts de la compétition particulièrement l’expert monde, dont la passion est communicative et donne envie de viser toujours plus haut. Enfin, je suis reconnaissant envers ma famille et mes proches qui m'encouragent depuis le début.
- Si tu devais convaincre un collégien ou un lycéen de choisir l'alternance et les métiers de l'industrie, que lui dirais-tu ?
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Je lui dirais que l'industrie est un secteur passionnant, moderne et en constante évolution. Contrairement aux idées reçues notamment chez les jeunes, elle offre une immense diversité de métiers dans des domaines comme l'aéronautique, le médical, l'automobile ou encore la robotique. L'alternance est une excellente façon d'apprendre un métier tout en acquérant une véritable expérience professionnelle. C'est une voie qui permet de progresser rapidement, de gagner en autonomie et de construire un projet professionnel solide.